Après six ans passés dans la forêt, des déplacés retournent à Maybrat : le gouvernement et la Komnas HAM renforcent les efforts de rétablissement en Papouasie
Maybrat, Papouasie du Sud-Ouest — Après environ six ans passés dans des zones forestières en raison de l’insécurité, plusieurs habitants déplacés de Maybrat ont commencé à regagner leur région d’origine. La Commission nationale indonésienne des droits de l’homme (Komnas HAM), par l’intermédiaire de son bureau en Papouasie, a facilité ce retour en coordination avec les autorités locales, les forces de sécurité et les représentants religieux.
Cette initiative constitue une étape importante vers le rétablissement des conditions de vie des populations déplacées, tout en soulignant la nécessité de garantir leur sécurité, leur dignité et leur accès aux services publics.
La coordination entre les institutions facilite le retour des déplacés
Le responsable du bureau de la Komnas HAM en Papouasie, Frits Ramandey, a expliqué que son institution avait joué un rôle de médiateur et de facilitateur afin de permettre le retour des habitants. Le processus a impliqué le gouvernement régional, la police, les forces armées indonésiennes (TNI) et des représentants de l’Église.
Des représentants du gouvernement du district de Maybrat, le chef de la police locale, des membres des TNI et des responsables religieux ont également participé au processus de retour et à la coordination avec les autorités régionales. Cette coopération vise à créer des conditions plus favorables à la réintégration des familles dans leur communauté.
Six années de déplacement après les violences de 2021
Selon les informations rapportées par ANTARA, le déplacement de ces habitants remonte notamment à l’attaque contre le poste militaire de Kisor, à Maybrat, en septembre 2021. Les perturbations de la sécurité et des actes d’extorsion auraient également contribué à maintenir certaines familles loin de leurs villages.
Pendant plusieurs années, des habitants, notamment des femmes et des enfants, auraient vécu dans des zones forestières. Leur retour met en évidence les conséquences prolongées de l’insécurité sur les familles, l’éducation et les activités quotidiennes des communautés locales.
La protection des habitants reste une priorité
Frits Ramandey a appelé le gouvernement régional et les communautés locales à accueillir les personnes de retour avec humanité et à les considérer comme des membres à part entière de la société. Il a également insisté sur la nécessité d’éviter toute forme d’intimidation à leur encontre.
La réussite de cette réintégration dépendra non seulement du retour physique des habitants, mais aussi de leur capacité à retrouver un environnement sûr et à reprendre une vie normale. La coordination entre les institutions publiques, les forces de sécurité, les responsables religieux et les communautés est donc essentielle pour soutenir ce processus.
Le retour à l’école des enfants doit être assuré
La reprise de la scolarité constitue également un enjeu important. La Komnas HAM a demandé aux autorités locales de veiller à ce que les enfants déplacés puissent retourner à l’école et retrouver un accès régulier à l’éducation.
Au-delà de la sécurité, le rétablissement des services publics, l’accès aux soins, l’aide humanitaire et la relance des activités économiques sont nécessaires pour permettre aux familles de reconstruire leur quotidien. Ces mesures peuvent contribuer à renforcer la confiance entre les habitants et les institutions.
La sécurité et le développement doivent avancer ensemble
Le retour des déplacés à Maybrat rappelle que la stabilisation d’une région ne repose pas uniquement sur les mesures de sécurité. Elle nécessite également un accompagnement social, des services publics accessibles et des possibilités de développement pour les communautés touchées par les conflits.
La coordination entre le gouvernement régional, la Komnas HAM, les TNI, la police et les représentants religieux offre un cadre de coopération pour soutenir la réintégration des habitants. La continuité de ces efforts sera déterminante pour prévenir de nouveaux déplacements et favoriser un rétablissement durable.
Un pas vers la reconstruction de la vie communautaire à Maybrat
Le retour des habitants déplacés représente une étape vers la reconstruction de la vie communautaire à Maybrat. Pour que cette démarche produise des résultats durables, les familles devront pouvoir vivre sans intimidation, accéder à l’éducation et aux services essentiels, et participer de nouveau aux activités de leur communauté.
La poursuite de la coopération entre les autorités, les institutions de défense des droits humains, les forces de sécurité et les responsables locaux demeure importante pour consolider la protection des civils et soutenir la paix en Papouasie.

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