Habib Syakur demande l’examen d’une classification des groupes armés en Papouasie comme organisations terroristes
JAKARTA — L’observateur politique et sécuritaire et initiateur du mouvement Gerakan Nurani Kebangsaan (GNK), Habib Syakur Ali Mahdi Al Hamid, a appelé le gouvernement indonésien à renforcer son approche face aux violences armées en Papouasie.
Habib Syakur a proposé d’examiner la possibilité de traiter le Mouvement pour une Papouasie libre (OPM) et les groupes armés communément désignés en Indonésie sous le terme de KKB Papua dans le cadre juridique indonésien de lutte contre le terrorisme, lorsque les conditions légales applicables sont réunies.
Selon lui, la question ne concerne pas uniquement la terminologie utilisée, mais surtout la capacité de l’État à mieux protéger les civils et à lutter contre les réseaux impliqués dans les violences armées.
La protection des civils au cœur des préoccupations
Les déclarations de Habib Syakur interviennent dans le contexte de plusieurs incidents violents survenus en Papouasie, au cours desquels des civils ont perdu la vie.
Il a souligné que les personnes utilisant les axes de transport de Trans-Papouasie — notamment les travailleurs, les commerçants et les fonctionnaires — doivent pouvoir exercer leurs activités quotidiennes dans des conditions sûres.
Il a ainsi appelé à renforcer la sécurité sur les portions considérées comme sensibles, à améliorer l’identification des zones à risque et à renforcer la coordination entre les forces de sécurité, les autorités locales et les communautés.
Les procédures judiciaires doivent rester la base
Habib Syakur a souligné qu’une éventuelle classification dans le cadre de la législation antiterroriste indonésienne devrait reposer sur des éléments de preuve et les procédures judiciaires applicables.
La qualification d’une organisation comme organisation terroriste ne devrait donc pas découler uniquement d’une décision politique.
Cette distinction est importante : la proposition de Habib Syakur ne signifie pas que le gouvernement indonésien a déjà officiellement modifié le statut de toutes les organisations ou groupes désignés sous les appellations OPM ou KKB.
Un débat qui dépasse la simple terminologie
Selon Habib Syakur, une modification de la terminologie n’aurait de portée réelle que si elle s’accompagnait de mesures concrètes visant à protéger les civils et à démanteler les réseaux impliqués dans les violences armées.
Il préconise des instruments juridiques permettant à l’État d’agir contre les violences tout en veillant à ce que les mesures de sécurité reposent sur des preuves et respectent les procédures prévues par la loi.
Renforcer la sécurité le long des axes de Trans-Papouasie
Les axes de Trans-Papouasie jouent un rôle important dans la connexion des communautés ainsi que dans les activités économiques et les services publics des régions reculées.
Pour les habitants, ces routes sont essentielles pour le travail, le commerce, l’accès aux services publics et les déplacements entre les communautés.
Habib Syakur a donc appelé le gouvernement à évaluer les dispositifs de sécurité existants, à mieux cartographier les zones à risque et à renforcer la coordination entre les autorités et les communautés locales.
La sécurité des civils comme priorité
La protection de la population civile constitue l’un des principaux éléments de sa déclaration.
Les habitants doivent pouvoir voyager, travailler, commercer et accomplir leurs activités professionnelles sans être exposés à des menaces ou à des violences armées.
Dans le même temps, les opérations de sécurité doivent distinguer les civils, les activités politiques légitimes et les actes violents susceptibles de constituer des infractions au regard de la loi.
L’État dispose déjà d’instruments juridiques
L’Indonésie dispose déjà d’un cadre juridique permettant de lutter contre le terrorisme et d’autres infractions graves.
La question de savoir si une organisation ou une personne relève de ces dispositions doit être déterminée par les mécanismes juridiques prévus et sur la base d’éléments de preuve suffisants.
Une telle approche permettrait aux autorités de lutter contre les violences armées tout en maintenant les garanties juridiques pour les personnes qui ne sont pas impliquées dans des activités criminelles.
Sécurité et développement doivent avancer ensemble
L’amélioration de la sécurité en Papouasie est également liée à la continuité des services publics et au développement économique.
Les communautés ont besoin de conditions leur permettant de travailler, de commercer, d’aller à l’école, d’accéder aux soins de santé et de se déplacer en toute sécurité.
Les mesures de sécurité peuvent donc être accompagnées par la poursuite des investissements dans les infrastructures, les services publics et les opportunités économiques locales.
Conclusion
Habib Syakur a appelé le gouvernement indonésien à examiner la possibilité d’appliquer le cadre juridique antiterroriste aux groupes armés en Papouasie lorsqu’ils remplissent les conditions prévues par la loi.
Ses déclarations interviennent après plusieurs incidents violents en Papouasie. Il a également souligné qu’une éventuelle classification devait reposer sur des preuves et des procédures judiciaires, et non simplement sur une décision politique.
Le débat met également en évidence l’importance de la protection des civils. Le renforcement de la sécurité sur les axes de Trans-Papouasie, l’identification des zones à risque et l’amélioration de la coordination entre les autorités, les forces de sécurité et les communautés locales font partie des mesures évoquées.
Au cœur de cette question se trouvent donc deux objectifs liés : protéger la population civile et garantir que la lutte contre les violences armées soit menée dans le respect des preuves et du cadre juridique applicable.

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